{"id":1609,"date":"2024-08-16T15:43:26","date_gmt":"2024-08-16T13:43:26","guid":{"rendered":"http:\/\/comondabuena.org\/?p=1609"},"modified":"2025-02-16T10:40:42","modified_gmt":"2025-02-16T09:40:42","slug":"autobiographie-avis-de-vie-avide-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comondabuena.org\/?p=1609","title":{"rendered":"Autobiographie: Avis de vie (Avide vie&#8230;)"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"780\" data-attachment-id=\"1610\" data-permalink=\"https:\/\/comondabuena.org\/?attachment_id=1610\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?fit=2100%2C2560&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2100,2560\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;OPPO A16s&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;????????????&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1721995332&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;3.462&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;457&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.030002000233356&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"avisdevie\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;????????????&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?fit=246%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?fit=640%2C780&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie.jpeg?resize=640%2C780\" alt=\"\" class=\"wp-image-1610\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?resize=840%2C1024&amp;ssl=1 840w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?resize=246%2C300&amp;ssl=1 246w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?resize=768%2C936&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?resize=1260%2C1536&amp;ssl=1 1260w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?resize=1680%2C2048&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?w=1920 1920w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce pavillon des bords de Marne, \u00e0 Bry-sur-Marne, de prime abord propret, devient, d\u00e8s lors que les premiers pas sont faits dans le vaste jardin, \u00abLe Collectif\u00bb; Nous serons quatre jeunes hommes \u00e0 y vivre: Jos\u00e9 et San Jos\u00e9, deux br\u00e9siliens, chass\u00e9s de leur pays par un coup d\u2019\u00e9tat dont la r\u00e9pression militaire affich\u00e9e causera la naissance de ce mouvement culturel, contestataire et populaire que fut le \u00abTropicalisme\u00bb: Jos\u00e9, promis \u00e0 un bel avenir de footballeur professionnel et San Jos\u00e9, percussionniste fantasque, comme il en existe des milliers au Br\u00e9sil, vont apporter au collectif une bonhomie sensuelle dont nous allons nous nourrir avec avidit\u00e9; \u00abNous\u00bb, c&rsquo;est Philippe, mon pote d&rsquo;alors, qui bosse d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;administration &#8211; S\u00e9curit\u00e9 Sociale &#8211; et moi, donc, \u00e9tudiant en musicologie \u00e0 Vincennes, devenu Paris 8 aujourd&rsquo;hui en Seine Saint Denis. Pour subvenir aux charges locatives, je travaille \u00e0 mi-temps chez mon p\u00e8re, diffuseur de presse pour Le Monde et France soir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah ! Il en passait du monde dans ce \u00abcollectif\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout d&rsquo;abord, \u00abMickey\u00bb, surveillant m\u00e9dical \u00e0 \u00abMaison Blanche\u00bb, h\u00f4pital psychiatrique de Neuilly-sur-Marne. Lui, il vivait au fond du jardin, ayant retap\u00e9 l&rsquo;ancienne remise; Il ne faisait qu&rsquo;y dormir, se m\u00ealant avec fougue \u00e0 toutes nos discussions, qu\u2019elles soient musicales, politiques, sociales\u2026bref, un interlocuteur \u00abr\u00e9sident\u00bb de plus! C\u2019est un excellent pianiste qui va d&rsquo;ailleurs me racheter mon clavier de l&rsquo;\u00e9poque, un \u00abFarfisa\u00bb de la premi\u00e8re heure. Nana Vasconcelos et Mino Cinelu, deux des percussionnistes les plus prolixes de ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es, passaient r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9p\u00e9ter dans ma chambre ! L&rsquo;occasion alors de gigantesques \u00abjam session\u00bb lesquelles, au gr\u00e9 des joints fum\u00e9s, ressemblaient plus \u00e0 une \u00abDescarga\u00bb qu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le d\u00e9nomm\u00e9 Thieu, Mathieu de son pr\u00e9nom, \u00e9tait un exalt\u00e9 \u00abTrostkar\u00bb dans toute sa splendeur! Il passait ses journ\u00e9es \u00e0 nous interpeller sur ce monde pourri o\u00f9 seul le profit guiderait les sens et le choix de vie de tout un chacun, pr\u00f4nant une r\u00e9volution imm\u00e9diate; Je lui dois, en dehors du fait de nous avoir beaucoup \u00abgonfl\u00e9s\u00bb, une prise de conscience politique qui ne c&rsquo;est jamais \u00e9loign\u00e9e de mes consid\u00e9rations existentielles actuelles. Et puis l\u2019in\u00e9narrable et immarcescible Gilou, ermite r\u00e9volutionnaire, jamais avare de grandes joutes orales avec ce tribun de Thieu\u2026de grands moments!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les filles aussi, Fabienne, Lolo &#8211; ah, Lolo\u2026mais j\u2019y reviendrai plus tard! &#8211; Marie-Pierre, Juliette, Catherine\u2026j&rsquo;en oublie; Jeunes filles merveilleuses, nous soutenant sans r\u00e9serve certes, mais anim\u00e9es d\u2019une sororit\u00e9 sans failles, toujours pr\u00eates \u00e0 en d\u00e9coudre si, de notre part, des prises de positions paraissaient machistes! Et pourtant, quand j&rsquo;y repense, nous avions l&rsquo;impression, nous les mecs, d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 ces vieux d\u00e9mons remontant \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de pierre. Le poids de l&rsquo;\u00e9ducation \u00e9tait bien l\u00e0, et se faire reprendre de vol\u00e9e d\u00e8s que l&rsquo;un de nous d\u00e9passait les bornes fut salvateur et reste un magnifique souvenir !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La grande insouciance m\u00eal\u00e9e aux (in)certitudes politico-sociales ont fait de cette p\u00e9riode, de 18 mois environs, un deuxi\u00e8me mod\u00e8le d\u2019\u00e9ducation bas\u00e9 sur le partage, l\u2019\u00e9coute de l\u2019autre, le respect des diff\u00e9rences. En un mot l\u2019apprentissage de la tol\u00e9rance, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation re\u00e7ue, jud\u00e9o-chr\u00e9tienne et n\u00e9o-bourgeoise, que nos parents respectifs souhaitaient nous inculquer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019avais r\u00e9ussi \u00e0 int\u00e9grer l\u2019universit\u00e9 \u00abParis 8\u00bb de Vincennes en musicologie. Cette exp\u00e9rience universitaire, qui dura deux ans, fut tr\u00e8s enrichissante. Cette universit\u00e9 \u00e9tait unique dans son mode de fonctionnement puisqu\u2019elle permettait \u00e0 toutes et \u00e0 tous de pouvoir \u00e9tudier; On y trouvait des ouvriers, des fonctionnaires, des professions lib\u00e9rales en mal d\u2019\u00e9tudes, pr\u00e9parant un dipl\u00f4me\u2026! Pour ma part, je souhaitais devenir Musicoth\u00e9rapeute, toute jeune discipline m\u00e9dicale qui laissait entrevoir, gr\u00e2ce \u00e0 la musique, une issue \u00e0 l\u2019autisme, ces enfants pris dans cette terrible spirale du vivre diff\u00e8rent\u2026(!?) Freud en dresse les contours dans certains de ses ouvrages et pour ma part, savoir que les diff\u00e9rentes r\u00e9actions aux genres musicaux que ces enfants autistes \u00e9coutaient me paraissaient une th\u00e9rapie merveilleuse et tellement \u00e9vidente; \u00c9couter du Chopin ou du Led Zeppelin ne procurent s\u00fbrement pas les m\u00eames sensations et de l\u00e0, les enseignements tir\u00e9s pouvaient s\u00fbrement donner \u00e0 ces Musicoth\u00e9rapeutes certaines cl\u00e9s \u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A \u00abParis 8 Vincennes\u00bb, Les assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales \u00e9taient l\u00e9gions. Pour un oui ou pour un non, le cri de \u00abAssembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale!\u00bb retentissait et rassemblait imm\u00e9diatement l\u2019ensemble des \u00e9tudiants concern\u00e9s, stoppant toutes vell\u00e9it\u00e9s \u00e0 poursuivre les cours!&nbsp; Je dus me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, le chemin serait beaucoup trop parsem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches pour arriver \u00e0 l\u2019issue de ce cycle universitaire; Il fallait en effet compter sept ans d\u2019\u00e9tudes pour esp\u00e9rer pouvoir pratiquer cette discipline avec un premier obstacle qui paraissait r\u00e9dhibitoire, pour moi en tout cas. Apr\u00e8s la licence obtenue au bout de deux ans, une ann\u00e9e en m\u00e9decine \u00e9tait obligatoire\u2026 beaucoup trop complexe pour mon cortex un peu \u00e0 l\u2019\u00e9troit dans cette aventure-l\u00e0!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Exit Paris Vincennes, la d\u00e9cision \u00e9tait prise: je travaillerai avec mon p\u00e8re dans sa soci\u00e9t\u00e9 de diffuseur de presse, la C.P.F, et ainsi deviendrai le \u00abfils du patron \u00bb \u2026 mais pour un temps seulement&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong><u>Duo avide 1978\/1981<\/u><\/strong><strong><u><\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9t\u00e9 1977 marque un moment crucial de mon existence. Mes parents venaient d\u2019acqu\u00e9rir une r\u00e9sidence secondaire \u00e0 Carnac, dans le Morbihan. &nbsp; Travailler au sein de l\u2019entreprise paternelle ne me satisfaisait gu\u00e8re, aussi d\u00e9cidais-je d\u2019y venir passer l\u2019\u00e9t\u00e9 pour y faire la saison et voir comment m\u2019y installer \u00e0 l\u2019ann\u00e9e. J\u2019y rencontrais un photographe avec lequel je me mis \u00e0 travailler comme assistant; Le boulot \u00e9tait plut\u00f4t \u00abfun\u00bb puisque nous \u00e9cumions les boites de nuits, prenant en photo les gens pr\u00e9sents, leurs proposant de passer \u00e0 la boutique pour y voir les tirages et, \u00e9ventuellement, leurs vendre. Boulot sympa certes mais gu\u00e8re r\u00e9tribu\u00e9! Je m\u2019en foutais un peu car seules les perspectives de faire la f\u00eate dans ces boites me s\u00e9duisaient alors\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis intervint cet accident majeur qui allait bouleverser tout mon devenir. Alors que j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de rentrer avec mon p\u00e8re \u00e0 Paris et de r\u00e9int\u00e9grer sa soci\u00e9t\u00e9, une ultime sortie au \u00abDisco club 2000\u00bb fut programm\u00e9e la veille de mon d\u00e9part; Ma petite copine de l\u2019\u00e9poque m\u2019y attendait ainsi que de nombreux potes pr\u00e9sents pour me souhaiter un bon retour. \u00c9changes des derniers coups \u00e0 boire, promesses de rendez-vous futurs, de retrouvailles et de projets divers et apr\u00e8s quelques heures j\u2019\u00e9tais bourr\u00e9 au point de ne pouvoir honorer ma compagne avec laquelle je d\u00e9cidais de me rendre sur la plage pour une ultime \u00e9treinte; Malgr\u00e9 la d\u00e9sapprobation de mes potes de me voir prendre la voiture, vu mon \u00e9tat, ma libido, plus forte, me rendit sourd \u00e0 leur mise en garde; Nous voil\u00e0 tous deux nus dans la voiture en route pour achever ce que nous avions commenc\u00e9 dans les fourr\u00e9s environnant de la boite de nuit. Mais il a fallu que je m\u2019endorme au volant pour aller m\u2019encastrer dans un pyl\u00f4ne \u00e9lectrique en sortie de virage et \u00abm\u2019exploser\u00bb dans le pare-brise; Pas de ceintures de s\u00e9curit\u00e9, forc\u00e9ment! Bizarrement je suis rest\u00e9 lucide et suis sorti de la voiture pour me rhabiller, faire le tour, sortir ma compagne, elle aussi nue. Mon visage \u00e9tait en sang mais je n\u2019avais pas vraiment mal et quand les pompiers arriv\u00e8rent, je pus expliquer ce qu\u2019il c\u2019\u00e9tait pass\u00e9 puis tomber dans les pommes tranquillement, le sentiment d\u2019avoir bien rendu compte de l\u2019accident, s\u00fbrement\u2026Lorsque je me r\u00e9veillais, une grosse torche projetait une lumi\u00e8re inquisitrice sur mon visage et mes yeux en particulier; Dirig\u00e9e par la main du docteur qui m\u2019auscultait, je pus articuler quelques mots pour conna\u00eetre l\u2019ampleur des d\u00e9g\u00e2ts; Celui-ci, d\u2019une voix laconique, trancha un \u00abvotre \u0153il est foutu, mon vieux\u00bb \u2026 gla\u00e7ant!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A partir de l\u00e0, ma conception de vivre le quotidien va radicalement changer. Je ferai mien cet adage: \u00abPourquoi remettre un pr\u00e9sent palpable pour un \u00e9ventuel futur?\u00bb. Je profite de cette phrase pour de nouveau insister sur la notion du temps qui passe, de notre passage sur terre, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, s\u00fbrement douloureux en fin de vie, lequel, finalement, ne m\u00e9rite aucun \u00e9tat d\u2019\u00e2me engendrant un mal \u00eatre, malheureusement si pr\u00e9sent dans nos modes de vie occidentaux.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lolo &#8211; nous y voil\u00e0 -, va rester \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s et me permettre de vivre les six mois suivant cet accident plut\u00f4t bien. Comme je dois attendre, pour me faire op\u00e9rer, que les tissus de l\u2019\u0153il atrophi\u00e9 reprennent leur place afin d\u2019accepter une proth\u00e8se, je me concentre sur la r\u00e9silience, persuad\u00e9 que celle-ci, une fois effective, me permettra de reprendre un cours de vie normal. Nous d\u00e9cidons de nous installer ensemble et d\u2019essayer de partager le quotidien; Construire une histoire d\u2019amour\u2026!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous voil\u00e0 bient\u00f4t sis 22, rue du plateau, aux Buttes Chaumont, \u00e0 deux pas de la S.F.P &#8211; Soci\u00e9t\u00e9 Fran\u00e7aise de Production audiovisuelle d\u2019alors &#8211; quartier excentr\u00e9 qui a gard\u00e9 son \u00e2me d\u2019un faubourg de Paris traditionnel. Nous nous y plaisons et commen\u00e7ons l\u2019apprentissage de la vie en couple.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous allons partager trois ans de vie commune exaltante, passionn\u00e9e, entra\u00eenante, fusionnelle\u2026 d\u00e9lirante parfois! &#8211; Ha! ces nuits au \u00abDiscophage\u00bb&#8230;!-<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bien vite l\u2019envie de voyager va nous \u00e9treindre et un premier p\u00e9riple au Mexique est mis sur pied; A la mi-septembre 1979 nous embarquons pour Mexico D.F via Dallas\u2026Le d\u00e9but d\u2019un v\u00e9ritable voyage initiatique v\u00e9cu intens\u00e9ment par nos deux \u00e2mes c\u00e2lines.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A mon retour en France, plus rien ne sera pareil, l\u2019attrait de l\u2019\u00e9tranger et de l\u2019inconnu comme une \u00e9vidence.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mon boulot de l\u2019\u00e9poque dans la soci\u00e9t\u00e9 paternelle ne me satisfait plus. Je commence \u00e0 discuter avec Lolo d\u2019une \u00e9ventuelle d\u00e9mission pour partir en Asie du Sud-est: Tha\u00eflande, Malaisie, Indon\u00e9sie\u2026 quatre mois d\u2019aventures!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les divergences patentes et constantes avec mon p\u00e8re ne font qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la d\u00e9cision; A l\u2019annonce officielle de mon d\u00e9part, il sort de sa r\u00e9serve et une belle engueulade, mise au point et autres divergences, ent\u00e9rinent d\u00e9finitivement la brouille, d\u2019autant que le divorce entre mes parents est en instance. Je prends le parti de ma m\u00e8re ce qui a pour effets imm\u00e9diats de provoquer une nouvelle rupture avec mon p\u00e8re\u2026qui dure depuis! Je ne l\u2019ai revu que deux fois en trente ans!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est mort en 2015! Cette nouvelle, apprise par un SMS de ma s\u0153ur, ne m\u2019a strictement rien procur\u00e9e comme \u00e9motion\u2026!?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le billet d\u2019avion pris aupr\u00e8s de la compagnie Russe \u00abAeroflot\u00bb, ne reste plus qu\u2019\u00e0 pr\u00e9parer les sacs.&nbsp; Aventure&#8230;nous voil\u00e0!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le voyage avec \u00abAeroflot\u00bb reste, malgr\u00e9 tout, un beau souvenir avec cette escale de 6 heures dans l\u2019a\u00e9roport flambant neuf de Moscou &#8211; L\u2019URSS a organis\u00e9 les jeux olympiques en 1980 &#8211; Je n\u2019ai jamais revu depuis un a\u00e9roport aussi triste et sordide que celui-ci; Nous sommes rest\u00e9s en pleine nuit attabl\u00e9s dans un restaurant ferm\u00e9\u2026une seule h\u00f4tesse passera pendant tout ce temps pour nous informer de la situation.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Inutile de pr\u00e9ciser que lorsque nous montons enfin dans l\u2019avion qui se rend \u00e0 Bangkok, notre joie est \u00e0 peine contenue et l\u2019impatience d\u2019arriver \u00e0 son paroxysme.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous restons deux jours \u00e0 Bangkok, m\u00e9gapole au trafic satur\u00e9, \u00e0 la pollution suffocante. Nous pr\u00e9f\u00e9rons monter dans le nord, direction Chiang Mai du c\u00f4t\u00e9 du fameux triangle d\u2019or, dans les montagnes, ville traditionnelle aux multiples temples; De nombreux bouddhistes, habill\u00e9s de toges orange, d\u00e9ambulent dans les ruelles o\u00f9 la vie commerciale est intense.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous sommes h\u00e9berg\u00e9s \u00e0 l &lsquo;\u00abOrchid guest house\u00bb. Le patron, jeune mec sympa, nous explique bien vite qu\u2019il est aussi dealer d\u2019h\u00e9ro\u00efne; Il a sur le c\u00f4t\u00e9 droit de son \u00abbluejean\u00bb une petite bourse accroch\u00e9e dans laquelle il plonge r\u00e9guli\u00e8rement la main pour pr\u00e9parer une cigarette et tirer dessus avidement; Un \u00abjunky soft\u00bb: grosse bagnole, arme de poing gliss\u00e9e dans le passement arri\u00e8re de son jean, sourire \u00e9clatant; Le jeune homme a de l\u2019allure et semble faire habilement prosp\u00e9rer son business. Il vient nous proposer un peu de came en \u00e9change des baskets de Lolo qui le fascinent et qu\u2019il veut offrir \u00e0 sa douce. \u00c9clats de rire et refus polis, mais ferme, de Lolo qui n\u2019a pas envie de faire son p\u00e9riple pieds nus. &nbsp; Nous acceptons cependant son cadeau et curieux, pr\u00e9parons une ligne d\u2019h\u00e9ro\u00efne\u2026pour go\u00fbter. Houlala! Quelle erreur d\u2019avoir voulu go\u00fbter cette merde! Nous passerons la nuit \u00e0 transpirer et d\u00e9gueuler. Nous jurons de ne plus toucher \u00e0 \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s une dizaine de jours, nous d\u00e9cidons de repasser par Bangkok pour se rendre dans le sud du pays, \u00e0 Phuket, puis descendre une grande partie de la Malaisie avant de traverser, via Penang, pour la plus grande \u00eele indon\u00e9sienne,&nbsp; la plus sauvage aussi, l\u2019envo\u00fbtante Sumatra.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous allons s\u00e9journer deux semaines sur l\u2019\u00eele de \u00abSamosir\u00bb au milieu du lac Toba. Son petit village, \u00abTukTuk Siadong\u00bb, nous accueille chaleureusement et nous nous rendons chez une famille qui nous loue une maison traditionnelle mont\u00e9e sur pilotis, sans eaux ni \u00e9lectricit\u00e9. Nous sommes chez les \u00abBataks\u00bb, peuplade aux coutumes s\u00e9culaires; Les maisons sont construites sur pilotis pour \u00e9viter, en cas de mont\u00e9e des eaux du lac qui entoure l\u2019\u00eele, que l\u2019eau ne p\u00e9n\u00e8tre dans les maisons; Les toits en feuilles, souvent remplac\u00e9es par des plaques de t\u00f4les, descendent tr\u00e8s bas afin de permettre \u00e0 l\u2019eau de bien s\u2019\u00e9vacuer lors de la saison des pluies. Les \u00abBataks\u00bb ont parfaitement assimil\u00e9 la technique de l\u2019assemblage des diff\u00e9rentes parties en bois qui constituent la maison. Ici pas de clous, marteaux ou vis, tout est chevill\u00e9 ou bien ligatur\u00e9 avec les lianes de la for\u00eat proche ! Un v\u00e9ritable tour de force, d\u2019autant que les maisons sont ultras solides!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ils vivent de la culture du riz, de la p\u00eache et de l\u2019\u00e9levage de buffles. Pour les l\u00e9gumes, seuls les choux poussent ici. Pendant les deux semaines de notre s\u00e9jour, on nous servira invariablement du poisson s\u00e9ch\u00e9 agr\u00e9ment\u00e9 de riz et de choux bouillit\u2026pas terrible, mais on fait avec car l\u2019\u00eele de \u00abSamosir\u00bb rec\u00e8le d\u2019endroits incroyables; Notre jeune h\u00f4te nous emm\u00e8ne ainsi visiter un village sur les hauteurs de l\u2019\u00eele qui appartient \u00e0 un autre temps\u2026tout y semble fig\u00e9 depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le soir, la nuit tombe \u00e0 18 heures. Les r\u00e9jouissances sont rares. Les \u00abBataks\u00bb jouent aux \u00e9checs jusque tard dans la nuit, se sont de v\u00e9ritables aficionados de ce jeu de r\u00e9flexions; Ils vont d\u2019ailleurs m\u2019apprendre \u00e0 y jouer et au bout de quelques jours je me frotte \u00e0 certains joueurs \u2026pff! Je suis battu \u00e0 plate couture \u00e0 chaque fois.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tous les matins, je vois le p\u00e8re de la famille qui nous h\u00e9berge embarquer sur un fr\u00eale canot &#8211; un tronc d\u2019arbre creus\u00e9 sommairement \u00e0 la machette &#8211; avec une technique bien sp\u00e9ciale: il s\u2019agit de pousser l\u2019esquif sur l\u2019eau, poser le genou gauche accol\u00e9 au pied droit, donner de l\u00e9gers coups de pagaies pour naviguer et aller ainsi retirer les filets pos\u00e9s la veille; Je veux absolument tester et m\u2019emploie \u00e0 faire de m\u00eame; Je vais faire plusieurs tentatives qui se termineront toujours \u00e0 l\u2019eau! Impossible d\u2019\u00e9quilibrer le canot qui, au moindre geste \u00e0 gauche ou \u00e0 droite, bascule irr\u00e9m\u00e9diablement dans l\u2019eau du lac. Un peu penaud je rentre \u00e0 la case sous les quolibets de nos h\u00f4tes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au bout d\u2019une semaine, je dois me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence: j\u2019ai chop\u00e9 une furonculose qui commence \u00e0 s\u00e9rieusement me faire souffrir. Lolo me soigne en vidant les nombreux boutons pleins de pus! La nourriture, plus le contact avec les buffles qui se baignent dans le lac, ont eu raisons de mes d\u00e9fenses immunitaires et apr\u00e8s une deuxi\u00e8me semaine sur l\u2019\u00eele, le manque de p\u00e9nicilline pour me soigner nous oblige \u00e0 partir pr\u00e9cipitamment pour relier Djakarta, sur l\u2019\u00eele de Java, o\u00f9 nous avons deux amis fran\u00e7ais qui y vivent et nous attendent.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Laurent et Murielle y sont install\u00e9s depuis un peu plus d\u2019un an. Lui travaille \u00e0 l\u2019ambassade de France. Apr\u00e8s de solides \u00e9tudes \u00e0 Langues O ou il a appris l\u2019Indon\u00e9sien, il a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 en coop\u00e9ration pour \u00e9tudier et faire un rapport sur la soci\u00e9t\u00e9 indon\u00e9sienne et ses mouvements sociaux. Il va nous pr\u00e9senter Widodo, personnage incroyable qui vient de \u00abl\u2019\u00eele ou les hommes volent\u2026\u00bb(!?) Nous ne saurons jamais si cette histoire est vraie tant ce petit bonhomme tout recroquevill\u00e9 sur lui, \u00e0 la longue tonsure noir jais, semble b\u00e9n\u00e9ficier de dons surnaturels! Il va notamment soigner ma furonculose, avec l\u2019aide de pastilles de p\u00e9nicilline il est vrai, mais en pratiquant des onguents \u00e0 base de plantes qui vont se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e8s efficaces. Nous tissons des liens privil\u00e9gi\u00e9s tout deux et, la veille de notre d\u00e9part, il va me faire cadeau d\u2019une boucle de ceinturons magnifique en me glissant dans le creux de l\u2019oreille cette \u00e9trange pr\u00e9monition: \u00ab Ne te s\u00e9pare jamais de cette boucle, porte l\u00e0 et rien de f\u00e2cheux ne t\u2019arrivera, mais si tu venais \u00e0 la perdre\u2026 (!?)\u00bb Je n\u2019ai pas su la garder, l\u2019ayant s\u00fbrement \u00e9gar\u00e9e lors de nos nombreux d\u00e9m\u00e9nagements mais rien de dramatique ne m\u2019est encore arriv\u00e9\u2026alors?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s plusieurs semaines pass\u00e9es aupr\u00e8s de nos amis dans cette \u00e9norme m\u00e9gapole qu\u2019est Djakarta, malgr\u00e9 un inoubliable week-end sur la c\u00f4te \u00e0 Palabuhan Ratu, charmant petit port de p\u00eache authentique, nous avons envies de sables, de mer et de soleil! Bali nous tend ses bras majestueux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous voil\u00e0 parti \u00e0 Jogjakarta dans le centre de Java, capitale culturelle et artisanale de l\u2019\u00eele; La technique de la peinture sur soie, les c\u00e9l\u00e8bres Batiks, y est l\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous continuons notre travers\u00e9e de l\u2019\u00eele et arrivons \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9 Est.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le passage sur Bali s\u2019effectue en bateau, le paysage est grandiose. Apr\u00e8s une heure de voyage nous posons le pied \u00e0 Bali ou tout est vraiment diff\u00e9rent. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019abord par sa relative petite taille, on peut en faire le tour dans la journ\u00e9e. Les Balinais sont hindouistes, chaque soir, des offrandes sont d\u00e9pos\u00e9es devant les pas de portes des maisons de chaque habitant! Ornement\u00e9es&nbsp; de fleurs, de fruits et autres l\u00e9gumes aux couleurs vives, agr\u00e9ment\u00e9es de b\u00e2tons d\u2019encens odorif\u00e9rants, elles conf\u00e8rent un climat paisible et serein que rien ne semble devoir alt\u00e9rer. Les indon\u00e9siens sont des gens tr\u00e8s calmes et sereins et pourtant les crises de folies sont parfois d\u00e9vastatrices: l\u2019Amok fait des ravages, surtout en Malaisie voisine, plus rarement en Indon\u00e9sie; Lorsqu\u2019il s\u2019empare d\u2019un individu, ces d\u00e9lires suicidaires, toujours inexpliqu\u00e9s \u00e0 ce jour, ont pour seule issue la mort. Envahi par l\u2019Amok, l\u2019individu sort de chez lui et tue sur son passage tout ce qu\u2019il rencontre! Il faudra le tuer pour faire cesser ce qui est souvent un v\u00e9ritable carnage!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La d\u00e9sesp\u00e9rance humaine conduit \u00e0 ces actes suicidaires \u2026triste, tr\u00e8s triste.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Annick et Patrick, nos potes de Paris, sont venus nous rejoindre \u00e0 Djakarta et vont passer un mois \u00e0 se balader avec nous dans l\u2019\u00eele de Bali.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Journ\u00e9es \u00abfarnientes\u00bb o\u00f9 nous allons nous mesurer, Patrick et moi, en joutes nautiques m\u00e9morables, aux vagues sournoises de l\u2019Oc\u00e9an Indien. Des s\u00e9ances radicales&nbsp; de \u00abBody surf\u00bb! Je me demande, encore aujourd\u2019hui, comment nous surnagions brillamment tant il fallait \u00eatre totalement inconscients pour \u00abbody surfer\u00bb des vagues de deux\/trois m\u00e8tres qui nous ramenaient sans m\u00e9nagement au bord de la plage de \u00abKuta Beach\u00bb. Pendant ce temps-l\u00e0, les filles doraient au soleil ou bien \u00e9cumaient les innombrables petits magasins recelant de tissus aux couleurs chatoyantes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et puis il y a eu le passage initiatique \u00ab<em>magic mushroom<\/em>\u00bb;&nbsp; Nous nous devions de go\u00fbter ces champignons magiques, si r\u00e9put\u00e9s \u00e0 Bali. La plage de \u00ab<em>Kuta beach<\/em>\u00bb, orient\u00e9e plein ouest, le coucher de soleil y est majestueux. Voil\u00e0 pourquoi d\u2019innombrables touristes viennent s\u2019y r\u00e9unir pour contempler le soleil descendre se mirer dans le pacifique\u2026la plupart a absorb\u00e9, en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi, une omelette dans l\u2019un des petits restaurants du village; Une omelette aux champignons magiques et moi, forc\u00e9ment, qui voulait \u00abfaire le beau\u00bb(?!), de commander une omelette sp\u00e9ciale\u2026 double dose en fait! Bonjour les d\u00e9g\u00e2ts. Je vais passer plusieurs heures face \u00e0 la mer, faire et d\u00e9faire mon sarong totalement h\u00e9b\u00e9t\u00e9, voir abruti, face \u00e0 l\u2019oc\u00e9an. Exp\u00e9rience inoubliable!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s ces trois mois sur le continent asiatique et la somme d\u2019information re\u00e7ue, le retour en Europe se fera en douceur avec pour transition la Bretagne, avant la nouvelle aventure, mais cette fois dans les Cara\u00efbes, pr\u00e9vue pour l\u2019automne.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous revenons \u00e0 Paris au mois de juin et partons imm\u00e9diatement \u00e0 Carnac o\u00f9 nous attendent les patrons de la boite de nuit \u00abLe disco club 2000\u00bb, Yannick et H\u00e9l\u00e8ne. Ce club, un peu excentr\u00e9 de la c\u00f4te, est le repaire de toute la post- adolescence environnante. Nous allons y faire toute la saison, Laurence \u00e0 la caisse et moi au bar! Sacr\u00e9s moments de f\u00eates de la nuit ou nous allons pouvoir reconstituer un peu de tr\u00e9sorerie et envisager s\u00e9rieusement la travers\u00e9e de l\u2019atlantique pour Saint Barth\u00e9lemy, Cette petite \u00eele de 24 km carr\u00e9 perdue au nord de la Guadeloupe, dont elle d\u00e9pend.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-7759aa88881e53ef7338c4d33171e443\"><strong><u>Voyages 1981\/1986<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le petit avion d\u2019\u00abAir Guadeloupe\u00bb qui nous transporte de Pointe-\u00e0-Pitre \u00e0 Saint-Barth est plein. Une quinzaine de personnes qui, pour certaines, ne se doutent pas encore du choc \u00e9motionnel que leur r\u00e9serve l\u2019atterrissage sur la petite \u00eele. Consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des plus dangereux au monde, le petit a\u00e9roport dispose d\u2019une piste d\u2019atterrissage et d\u00e9collage unique de moins d\u2019un kilom\u00e8tre! Les man\u0153uvres d\u2019approches consistent \u00e0 positionner le petit biplan bien dans l\u2019axe de la piste en contre bas et, une fois fr\u00f4l\u00e9 le morne de \u00abLa tourmente\u00bb, cabrer l\u2019avion en piqu\u00e9 vers la piste en coupant les gaz avant de le redresser en remettant de la puissance afin de poser les roues sur la piste en b\u00e9ton! Ouf\u2026on a \u00e0 peine le temps d\u2019avoir eu peur tant tout va si vite, mais quand m\u00eame! D\u2019ailleurs le jeu consistera, pour ceux qui connaissent d\u00e9j\u00e0 l\u2019atterrissage sur l\u2019\u00eele, \u00e0 scruter les visages des novices se tordre d\u2019un rictus de panique lors du piqu\u00e9, il est vrai assez cauchemardesque. Pourtant en pr\u00e8s de six ann\u00e9es pass\u00e9es sur l\u2019\u00eele, seuls deux ou trois avions finiront leur course dans l\u2019eau, faute d\u2019avoir suffisamment pos\u00e9 l\u2019avion t\u00f4t sur la piste, et ce, sans dommages corporels pour les passagers.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint-Barth\u00e9lemy, par sa diversit\u00e9 sur un si petit p\u00e9rim\u00e8tre, est s\u00fbrement l\u2019une des \u00eeles la plus atypique de toute la Cara\u00efbe. Une superficie de 24 km carr\u00e9 seulement mais une vari\u00e9t\u00e9 de paysages incroyables tant l\u2019\u00eele, d\u00e9coup\u00e9e par une petite dizaine de mornes, dont le plus haut culmine \u00e0 300 m\u00e8tres, offre une succession de baies toutes plus belles les unes que les autres, les palettes de bleus allant du pastel au plus fonc\u00e9, exacerb\u00e9es par les langues de plages, au sable moir\u00e9 si fin, dor\u00e9es par un soleil nimbant le tout, dans un ciel bleu parfois contrari\u00e9 par quelques nuages \u00e9gar\u00e9s, hagards&#8230;d\u2019un blanc immacul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Accueilli par Vincent, mon pote Breton de Carnac qui nous a le premier parl\u00e9 de l\u2019\u00eele, nous allons tr\u00e8s rapidement prendre le pouls de l\u2019\u00eele et de ses coutumes. Beaucoup de jeunes comme nous partis \u00e0 l\u2019aventure, toute relative il est vrai, avide de vivre une vie d\u00e9sinvolte au pr\u00e9sent, d\u00e9nu\u00e9e de toutes contraintes!<\/p>\n\n\n\n<p>Se retrouver sur un caillou de 24 km\u00b2, coup\u00e9 de tout liens affectifs et familiaux, exacerbe l\u2019attention aux autres et, tr\u00e8s rapidement, nous allons recr\u00e9er une ambiance familiale qui se traduira, pendant les cinq ann\u00e9es pass\u00e9es, par des liens tr\u00e8s forts entre toutes celles et ceux qui se retrouvent sur l\u2019\u00eele;Aujourd\u2019hui encore, plus de trente cinq ans apr\u00e8s, les souvenirs se bousculent et s\u2019ils ne versent jamais dans la nostalgie, ils ont de fait aliment\u00e9s notre pr\u00e9sent et ciment\u00e9s notre devenir.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"480\" data-attachment-id=\"1643\" data-permalink=\"https:\/\/comondabuena.org\/?attachment_id=1643\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?fit=960%2C720&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"960,720\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"received_10154987511012812\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?fit=640%2C480&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?resize=640%2C480\" alt=\"\" class=\"wp-image-1643\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?w=960&amp;ssl=1 960w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/received_10154987511012812.jpeg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lolo et moi \u00e0 \u00abLa Maison Blanche\u00bb \/Saint Barth\u00e9lemy 1981<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res semaines, nous les passerons \u00e0 \u00absquatter\u00bb chez quelques bonnes \u00e2mes pr\u00eates \u00e0 nous accepter, avant, enfin, de trouver une petite case Saint-Barth dans le quartier de Salines, juste en face du \u00abTamarin\u00bb restaurant ultra branch\u00e9 de l\u2019\u00eele, tenu par \u00abCacat\u00bb et Philippe Dumont, le fils de Charles Dumont. Nous sommes \u00e0 300 m\u00e8tres de la plus belle plage de l\u2019\u00eele, Saline, o\u00f9 nous nous retrouvons avec les autres \u00abm\u00e9tros\u00bb pour des moments de bonheur intense; Imaginez-vous une plage de sable blanc immacul\u00e9, berc\u00e9 par la mer des Cara\u00efbes o\u00f9 parties de \u00abfreesby\u00bb, \u00abbody surf\u00bb dans les vagues, simples baignades sont le lot du quotidien. De belles rigolades, moments de partages et connivences, d\u2019autant que nous sommes tous nus sous un soleil resplendissant.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison traditionnelle \u00abSaint-Barth\u00bb se constitue de deux cases, l\u2019une pour la cuisine, l\u2019autre pour le salon et la chambre, entre les deux, un petit patio recouvert de feuilles de bananiers pour abriter du soleil fait office de salle \u00e0 manger ,enfin une cuve adjacente o\u00f9 l\u2019eau de pluie, unique ressource sur l\u2018\u00eele d\u00e9pourvue de cours d\u2019eau, est religieusement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e! Au bout d\u2019un petit chemin sinueux, cette case, sans eau courante ni \u00e9lectricit\u00e9, sera notre havre d\u2019amour pendant ces premiers six mois sur l\u2019\u00eele!<\/p>\n\n\n\n<p>Je trouve rapidement un boulot de \u00abplongeur\u00bb au restaurant \u00able Sapotillier\u00bb situ\u00e9 \u00e0 Gustavia, la \u00abcapitale\u00bb de l\u2019\u00eele. Laurence est embauch\u00e9e au&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; restaurant classe \u00abLe Castelet\u00bb, sur les hauteurs.&nbsp; Nous nous acclimatons tr\u00e8s vite \u00e0 l\u2019ambiance insulaire et sommes rapidement accept\u00e9s par les anciens de l\u2019\u00eele; Nous voil\u00e0 \u00abbabath\u00bb \u00e0 part enti\u00e8re!<\/p>\n\n\n\n<p>La vie nocturne y est tr\u00e8s intense, alors dans le seul endroit ouvert jusqu\u2019\u00e0 deux heures du matin, \u00abLe Tour du rocher\u00bb avec son billard am\u00e9ricain, ses deux bars, son resto et l\u2019ambiance survolt\u00e9e qu\u2019il y r\u00e8gne; Champagne, marijuana, coca\u00efne s\u2019unissent avec la musique et la chaleur tropicale pour nous embarquer dans des nuits de f\u00eates m\u00e9morables.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"604\" height=\"453\" data-attachment-id=\"1650\" data-permalink=\"https:\/\/comondabuena.org\/?attachment_id=1650\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/FILE9282.jpg?fit=604%2C453&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"604,453\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"FILE9282\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/FILE9282.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/FILE9282.jpg?fit=604%2C453&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/FILE9282.jpg?resize=604%2C453&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1650\" style=\"width:842px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/FILE9282.jpg?w=604&amp;ssl=1 604w, https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/FILE9282.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 604px) 100vw, 604px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>Le Must\/ Saint-Barthelemy @1985<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est un myst\u00e8re pour personne, l\u2019\u00eele de Saint-Barth\u00e9lemy est l\u2019une des plaques tournantes du trafic de la marijuana et de la coca\u00efne, en provenance de la Colombie toute proche.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques am\u00e9ricains d\u00e9bonnaires, habill\u00e9s en shorts et tee-shirt, Tongs au pied, dirigent de main de ma\u00eetre ce trafic juteux. Ils sont install\u00e9s dans de somptueuses demeures. Rapidement nous faisons connaissances avec ces nouveaux pirates des temps modernes, trop cool pour \u00eatre honn\u00eates! En fait l\u2019organisation est ultra rod\u00e9e: plusieurs pr\u00e9tendants au voyage, propri\u00e9taires de voiliers, sont s\u00e9lectionn\u00e9s pour partir r\u00e9cup\u00e9rer les ballots de drogues autour des \u00eeles du nord de l\u2019arc antillais; Constitu\u00e9 d\u2019un \u00e9quipage de deux personnes, les voiliers une fois arriv\u00e9 au point de rencontre suppos\u00e9 doivent \u00abfaire des ronds\u00bb, parfois plusieurs jours, en attendant que de puissantes embarcations, \u00e0 moteur celles-ci, se manifestent pour ensuite transborder rapidement la marchandise &#8211; jusqu\u2019\u00e0 4 tonnes parfois &#8211; dans les bateaux. Ensuite direction Miami pour le d\u00e9chargement. Mais l\u00e0 \u00e7a peut se compliquer, d\u2019abord parce que sur le nombre de voiliers missionn\u00e9s certains sont \u00abbalanc\u00e9s\u00bb aux autorit\u00e9s pour faire diversions et ainsi laisser passer les autres, mais surtout parce que pour arriver dans le port de Miami, il faut s\u2019engager dans une vaste baie o\u00f9 des \u00abCoast Guards\u00bb positionn\u00e9s, les yeux riv\u00e9s sur la proue des bateaux, lesquels, par un vent de pr\u00e8s et charg\u00e9s de la came, enfournent plus que de raison. Ceux-ci ont beau jeu d\u2019envoyer des \u00e9quipes sp\u00e9ciales arraisonner les voiliers suspects.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deal est simple, une fois passer l\u2019\u00e9cueil de cette redoutable police des mers, il faut alors d\u00e9charger la marchandise \u00e0 quai\u2026mission accomplie! \u00c0 cette \u00e9poque le \u00abticket\u00bb se montait \u00e0 200 000 dollars le voyage. Pour ceux qui \u00e9taient pris, deux ans de prison minimum avec la garantie de r\u00e9cup\u00e9rer de l\u2019argent \u00e0 la sortie\u2026de vrais gentlemen je vous dis !<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne serais peut-\u00eatre pas \u00e0 \u00e9crire ces lignes si par un heureux concours de circonstance, alors que nous nous \u00e9tions inscrits pour le prochain convoyage avec Philippe, un pote de l\u2019\u00e9poque, je n\u2019avais appris de la bouche de Laurence que celle-ci \u00e9tait enceinte; Plus question de partir \u00e0 l\u2019aventure, alors que notre petite fille, Aline serait son pr\u00e9nom, allait venir se joindre \u00e0 notre vie\u2026trop bon! Et puis je me souviens parfaitement de la nuit ou Aline a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue &#8211; enfin j\u2019aime me l\u2019en persuader (?!) -: le jour de mon anniversaire, un 26 janvier 1985! Je suis particuli\u00e8rement fier de cette anecdote, si douce et rare, que celle de savoir exactement quand, o\u00f9 et comment, notre prog\u00e9niture fut lanc\u00e9e dans cette grande aventure, si myst\u00e9rieuse, de la vie!?<\/p>\n\n\n\n<p>Laurence va devoir rentrer en France faire des examens afin de confirmer cette heureuse nouvelle. Toute la grossesse va se d\u00e9rouler comme dans un r\u00eave. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une fusion de tous les instants va nous permettre d\u2019appr\u00e9hender joyeusement, sereinement, divinement, formidablement, incommensurablement cette nouvelle donne: il faut maintenant penser pour trois, mais surtout commencer \u00e0 faire connaissance avec ce petit bout plein de vie, confortablement nich\u00e9 dans le ventre de sa maman rayonnante.<\/p>\n\n\n\n<p>Au huiti\u00e8me mois Laurence rentre \u00e0 Paris\u2026je ne tarde pas \u00e0 la rejoindre conscient que sans ma pr\u00e9sence l\u2019accouchement ne pourra pas se d\u00e9rouler comme il se doit, c&rsquo;est-\u00e0-dire tranquillement, naturellement! Et puis comment imaginer que je ne puisse participer \u00e0 cette extraordinaire aventure que celle d\u2019accueillir parmi nous cette petite fille au regard noir et aux cheveux drus et hirsutes, dress\u00e9s sur sa t\u00eate d\u00e9j\u00e0 joufflue.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois rapidement regagner l\u2019\u00eele car j\u2019y travaille et la maison n\u2019est pas pr\u00eate pour Aline; Il faut pr\u00e9parer la petite chambre afin que l\u2019accueil soit le plus rassurant possible lorsque maman et fille d\u00e9barqueront un mois et demi plus tard en pleine forme!<\/p>\n\n\n\n<p>Je reste persuad\u00e9 que ces six mois insulaires ont permis de faire connaissance avec Aline dans des conditions optimums. Le climat, bien s\u00fbr, mais aussi cette ambiance totalement d\u00e9contract\u00e9e, naturelle, idoine pour instituer ce fameux rapport de confiance mutuelle qui a probablement donn\u00e9 un \u00e9quilibre vital \u00e0 notre fille, qui transpara\u00eet dans sa vie d\u2019aujourd\u2019hui\u2026belle r\u00e9compense!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais vivre sur ce caillou de 24 km\u00b2 commence \u00e0 nous peser d\u2019autant que nous envisageons &#8211; d\u00e9j\u00e0 &#8211; l\u2019avenir d\u2019Aline. De notre c\u00f4t\u00e9, nous n\u2019avons pu concr\u00e9tiser un projet de reprise du restaurant du \u00abYacht club\u00bb de Gustavia et l\u2019ennui commence \u00e0 nous gagner. Tout cela nous fera prendre la d\u00e9cision de rentrer en m\u00e9tropole avec fille et bagages; Au mois de mai 1986, apr\u00e8s une f\u00eate de d\u00e9part m\u00e9morable dans notre doux nid de Vitet, nous quittons l\u2019\u00eele ch\u00e9rie pour de nouvelles aventures, celles-ci urbaines, mais toujours aussi palpitantes\u2026! <strong>A suivre<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce pavillon des bords de Marne, \u00e0 Bry-sur-Marne, de prime abord propret, devient, d\u00e8s lors que les premiers pas sont faits dans le vaste jardin, \u00abLe Collectif\u00bb; Nous serons quatre jeunes hommes \u00e0 y vivre: Jos\u00e9 et San Jos\u00e9, deux br\u00e9siliens, chass\u00e9s de leur pays par un coup d\u2019\u00e9tat dont la r\u00e9pression militaire affich\u00e9e [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1610,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false},"version":2}},"categories":[11],"tags":[197,196,202,201,199,204,200,198,15,206,141,203,205],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/comondabuena.org\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/avisdevie-scaled.jpeg?fit=2100%2C2560&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9tkyt-pX","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1609"}],"collection":[{"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1609"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1609\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1653,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1609\/revisions\/1653"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1610"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1609"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1609"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/comondabuena.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1609"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}