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L’un des dix plus importants festivals de jazz dans le monde, le Riviera Maya Jazz Festival de Playa Del carmen, accueillera, cette année encore, une programmation de gala! Pendant trois soirs, les 28,29 et 30 novembre, la plage du Mamita’s va de nouveau bruisser de sonorités jazzy où se mêleront fortuitement le bruit  des vagues sur le sable… Magique! 

Une programmation très éclectique cette année encore, puisque nous naviguerons le premier jour sur les rives de ceux qui construisent l’histoire du jazz depuis trois décennies. Dériverons le deuxième jour doucement mais surement aux intonations “Soul” du Brésiliens Ed Mottaaccosterons le troisième jour avec les immarcescibles Earth Wind and fire, sans oublier la scène vivante mexicaine en la personne de Celso Pina, figure de proue des fusions cumbia, rock et autres rythmes Norteno, qui ouvrira cette ultime soirée prestigieuse.

Il faut souligner un parti pris artistique judicieux qui présente des musiciens incontournables de la scène jazz de ces trente dernières années. Tous ont participé activement à son histoire et méritaient bien d’être mis en lumière sur la plage du Mamita’s!

Ce lieu exceptionnel où se déroulent les concerts contribue grandement à ce succès, mais c’est surtout une programmation supersonique autour d’une organisation sans fausses notes, au sens propre comme au sens figuré, qui lui confère ce crédit et cette reconnaissance internationale!

Le chef d’orchestre de cette manifestation, Fernando Toussaint, directeur artistique et cocréateur du festival, nous avait reçu dans ses bureaux en présence de ses trois fidèles collaborateurs, ce qui en disait déjà beaucoup sur l’esprit d’équipe qui prédomine chez lui.

Il nous en dit un peu plus… ( de nos archives: festival 2010)

 

Le Grand Journal du Mexique: comment est né ce festival?

Fernando Toussaint: cela faisait longtemps que j’y songeais mais je n’avais pas pu, pour une raison que j’ignore encore, la mettre en place. Lorsque le festival de jazz de Cancún s’est arrêté et qu’il n’a pas été question de le faire redémarrer, alors un de mes bons copains qui a un bar-restaurant musical dans lequel nous jouions régulièrement, un soir ou devrais-je dire en fin de nuit, m’a demandé comment faire un festival ici à Playa…

Nous n’avions aucun budget, ni aucune idée sur la manière de le faire. En 2003, pour la première édition nous avons fait un peu comme nous avons pu grâce à mes contacts professionnels et à la compréhension des artistes.

L’accueil du public a été très bon et nous avons envisagé d’en faire un second, plus professionnel!

 

LGJ: Le fait d’être musicien et directeur artistique vous a-t-il facilité le travail?

F.T.: Totalement! L’une de mes consignes était d’avoir un festival différent de tous ceux que l’on peut voir à travers le monde. Que mes frères artistes musiciens y soient traités comme moi, musicien, j’aurais apprécié de l’être. J’ai eu rapidement une vision globale de ce qu’il fallait faire pour y arriver. Les trois premières années, les artistes programmés sont tous rentrés chez eux en louant l’organisation du festival, les bonnes conditions techniques, l’accueil, l’hébergement, la nourriture… ce qui finalement nous a beaucoup facilité le travail par la suite.

LGJ: Quels sont vos critères artistiques de sélection?

FT: Beaucoup d’éléments rentrent en compte, mais l’objectif principal est de déterminer le profil du public. Quels sont celles et ceux qui vont être intéressés? Pas très difficile pour nous de le définir car nous avons beaucoup de tourisme canadien, étasunien, sud-américain et européen qui se situent en moyenne entre 25 et cinquante ans! La programmation nous l’établissons en fonction de cette donnée: quel type de musicien plaît à ces touristes? Quels sont les artistes internationaux les plus connus qui font de grandes tournées mondiales dont les conditions techniques et financières sont adaptées au marché ici? Voilà nos objectifs ciblés, nous ouvrons une liste d’une vingtaine de groupes et à partir de là construisons la programmation possible.

LGJ: Justement parlons un peu de celle ci pour 2010. Ce qui frappe, c’est l’hommage rendu aux guitaristes! Chaque nuit il y aura sur scène un des grands noms de l’histoire du jazz de ces quarante dernières années…

FT: Et pianistes aussi… Mais vous avez raison. Comme chacun sait, pour faciliter une programmation équilibrée, il faut savoir se servir de la renommée d’un chanteur, d’un guitariste, d’un pianiste pour évoluer. Le « Riviera Maya Jazz festival » a beaucoup évolué en très peu d’années et nous proposons chaque soirs quatre concerts!

Cela nous donne l’opportunité de pouvoir « mélanger » les styles.

Nous aurons effectivement un grand guitariste, mais aussi un grand pianiste chaque soir. Yvan Linsle premier soir, Eldar Djangirov le second et pour le troisième, Georges Duke. Pour les guitaristes, Mike Stern le premier soir, Al Di Meola le second et John Mac Laughlin le troisième.

LGJ: L’âme de Miles Davis planera au dessus de la plage du Mamitas. Georges Duke, producteur d’un de ses albums mythiques ‘Tutu’, Mike Stern pour qui ce fut la première collaboration avec Miles, John Mac Laughlin qui a participé au mythique « In a silent way » dans les années soixante… ce n’est pas un hasard?

FT: C’est bien plus que cela! On ne peut pas parler du jazz contemporain, ni même du jazz en général sans parler de Miles Davis. Il a formé de nombreux musiciens majeurs d’aujourd’hui qui ont ou vont jouer ici: Herbie Hancock l’an dernier, Marcus Miller il y a quelques années.

Miles Davis a bousculé les schémas traditionnels du jazz!

Je suis très fier de pouvoir montrer ces grands musiciens ici car la plupart ne sont jamais venus non seulement à Playa del Carmen mais au Mexique tout court! Géographiquement nous sommes placés idéalement. Notre réputation est très bonne auprès des autres festivals internationaux et nous sommes considérés comme l’un des dix plus importants au monde.

L’autre phénomène qui aide beaucoup à cette notoriété est la gratuité totale de tous les concerts!

Les artistes sont très surpris lorsqu’ils l’apprennent. Cela facilite énormément le travail en terme d’autorisation et surtout nous évite les compliqués montages partenariats souvent sources de conflits d’intérêts. De plus, c’est un projets conçu pour développer le tourisme sur la Riviera maya. Beaucoup de touristes font leurs calculs, viennent passer leur vacances ici, car une fois payés leur billets d’avions, ils peuvent voir sur scène le même soir, par exemple, Incognito, Al Di Meola, Eldan Djangirov et Troker. 50 dollar la place de concert multiplié par quatre artistes et par quatre jours… soit 800 us dollars! Voilà ce qu’ils débourseraient s’ils devaient voir chacun de ces artistes en concert chez eux!

LGJ: quel est le budget global de cette édition 2010?

FT: Nous avons beaucoup d’aides du côté des compagnies aériennes et des hôtels qui nous font de très bons prix.

Nous pouvons maintenant négocier avec les artistes alors qu’au début on nous fixait un prix sur lequel nous ne pouvions rien dire.

Aujourd’hui c’est différent, l’image du festival nous permet de rediscuter les prétentions financières.

Finalement, le festival ne coûte pas autant qu’il devrait et cette année nous bouclons le festival avec un budget de production artistique autour de 10 millions de pesos (un peu moins de 600 000 euros, NDLR).

JeanMy Cochois ( http://www.Legrandjournal.com.mx)

jeanmy@laprensafrancesa.com.mx

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